Le Gourou des Terres Froides

Résumé

Le Bas Dauphiné, au pays du Saint Jeannais dans les Terres Froides du Nord Isère…

En s’approchant du vieux moulin, Graziella n’a qu’une idée en tête, tuer l’homme qui vit solitaire à l’intérieur de ses murs. Un homme qu’elle ne connaît pas mais qui a un lien avec son passé. L’œil de la tour s’est refermé sur une vision de fleurs radieuses, un spectacle que Graziella a maudit. .

Sa vengeance est là, bien ancrée au fond d’elle, mûrement réfléchie depuis des années. Elle touche enfin son but, rien ne l’en fera dévier. L’homme qui peint des champs de tournesols doit payer pour celui qui échappe à son destin, bien à l’abri de sa haine dans la cellule où il croupit. La date du procès est proche, Graziella doit témoigner.

Toutes les ruses, tous les mensonges seront permis dans ce duel que l’adversaire ne soupçonne même pas. Graziella va donc ourdir un plan diabolique pour parvenir à ses fins sans se salir les mains. Séduire pour mieux anéantir et jouir enfin d’une paix qu’elle recherche à tout prix.

De son côté, l’homme en gris poursuit silencieusement le même but. Exécuter coûte que coûte celui qui a détruit la vie de plusieurs enfants. En ancien militaire, il établit un plan de bataille sans faille, ne laissant rien au hasard. C’est son dernier combat, il en sortira vainqueur, il se l’est juré. Peu importe la suite.

Lequel des deux réussira à accomplir le geste fatal.

Mais c’est sans compter sur les hasards de la vie qui mêle et croise les destins à son gré.

Le petit mot de Nicole

Les tournesols n’ont jamais fait partie du décor de mon enfance. Dans le jardin de mon pays méditerranéen, je respirais le parfum des œillets tigrés que mon père cultivait avec passion, m’enivrais de l’arôme délicat des fleurs d’orangers et de citronniers, et m’extasiais sur la beauté des arums qui garnissaient les bouquets des mariées.

Quand Nana Mouscouri chantait « les tournesols » je n’imaginais pas une seconde la beauté sauvage de ces fleurs.

C’est plus tard, en France, lors d’un voyage dans la campagne paternelle, que je fus confrontée à ces larges têtes aux corolles jaunes. Elles dominaient les plaines du haut de leur tige et déferlaient dans les champs comme d’immenses vagues dorées. Je fus aussitôt fascinée, émerveillée, presque transcendée par ce spectacle. L’or irradiait partout alentour et je me croyais plongée dans un paradis de chaleur et de feu.

De l’or des fleurs, à celui du soleil, il n’y eut qu’une étincelle pour faire rejaillir dans ma mémoire d’écolière le souvenir de la vénération des égyptiens pour Râ, leur Dieu Soleil. Et déjà dans mon imagination se façonnait mon histoire, celle de l’adoration quasi mystique d’une fillette pour le gourou d’une secte, un homme qui se présentait à tous comme un Dieu vivant et régnait sans amour sur leurs corps et leurs âmes, uniquement guidé par le goût du sexe et de la luxure.


L’Isère a recelé dans ses forêts un drame que personne n’oubliera, l’affaire des « Temples Solaires ». J’ai été révoltée de ce crime collectif et émue par le désespoir des familles qui n’avaient pu, à aucun moment, sauver ceux qui avaient été endoctrinés, plongés dans l’enfer en leur faisant miroiter la renaissance dans un paradis.

.. La secte du Soleil Levant s’est installée au milieu d’un champ de tournesols, non loin de ma maison…Je vous laisse la découvrir à travers le regard de Graziella.

Nicole Provence



Retour