Ecriture en confluence.



Campagne Meyssiarde

Ses collines ont de douces rondeurs et ses rivières roucoulent entre les vernes. Les champs de tournesols, par leur éclatante dorure, volent au soleil son triomphe. Dans les plaines, en haut des crêtes, les champs de céréales dessinent un patchwork aux blonds changeants. Et le vent berce leurs tiges en longues vagues frissonnantes.

Dans les ruisseaux tortueux les salamandres progressent lentement parmi les écrevisses, et les myosotis disputent leur place aux euphorbes.

Mes forêts résonnent du galop des sangliers et des courses des chevreuils. Caché à l’orée du bois, le renard guette le lièvre inquiet qui détale au moindre frémissement de la terre. Pas une buse ou un faucon qui ne se glorifie de son ciel. Ils planent lentement, en larges spirales, grisés de tant de hauteur, de tant de liberté. Ailes déployées, l’œil à l’affût d’une proie, leurs cris stridents et monotones traversent l’air chaud de l’été.

Avec ses murs bâtis de galets roulés, ses toits moussus, ses jardins clos et ses vignes oubliées envahies de ronces, Meyssiez n’est qu’un petit coin de campagne inconnu des grandes Cités.

Ici, tout est paix, seuls les insectes nasillent dans le silence. Même les demoiselles de bronze du clocher n’osent plus sonner l’heure comme avant. Elles attendent sagement le nouveau-né, les mariés, le dernier

Adieu aux vieux de la commune pour retentir. Puis elles s’endorment malgré les cris d’enfants de l’école proche.

Quand la neige étouffe le bruit de mes de pas, quand les formes de mon jardin s’estompent, je suis comme dans un cocon. Et blottie près de la cheminée, je mêle dans mes pages un peu de son présent, un peu de son passé.

Alors, pourquoi chercher ailleurs l’inspiration pour mes romans noirs. Seuls les bruits et les couleurs de ma campagne savent faire naître en moi le désir d’écrire. Et je sais qu’on me pardonnera les meurtres les plus odieux parce que je leur ai offert la plus belle scène de crime qui soit. Ma belle région iséroise.

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